Ukraine : la France ferme son espace aérien aux avions russes

Ukraine : la France ferme son espace aérien aux avions russes


Dimanche 27 Fevrier 2022 14:25
Jean-Baptiste Djebbari, le ministre délégué aux Transports a annoncé dans un tweet la fermeture de l'espace aérien français aux avions et compagnies russes dès ce soir. « Face à l'invasion russe de l'Ukraine, l'unité de l'Europe est totale », salue-t-il. L'Italie, l'Allemagne, la Belgique ou encore l'Estonie ont déjà annoncé une mesure similaire.
Au quatrième jour de l'invasion de l'Ukraine, la Russie poursuit sa progression dans le pays. La bataille pour le contrôle de Kiev fait toujours rage, tandis que l'armée russe multiplie les offensives dans les autres grandes villes. Le Kremlin a indiqué ce dimanche matin être prêt à négocier avec l'Ukraine, en proposant une rencontre en Biélorussie.

En parallèle, les Européens ont décidé d'accentuer les sanctions contre Moscou en se mettant finalement d'accord pour exclure les banques russes du système international Swift. Cette décision, prise en coordination avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada, doit être validée lors d'un sommet des Vingt-Sept dimanche soir.

Le président russe a envoyé ce dimanche une délégation en Biélorussie, se disant prêt à tenir des pourparlers avec l'Ukraine dans la ville de Gomel. Mais s'il se dit ouvert à des négociations, le président ukrainien Volodymyr Zelensky ne veut pas tenir de discussions sur le sol biélorusse, estimant que ce pays sert de base arrière à l'invasion de l'Ukraine. Il affirme que « n'importe quelle autre ville » conviendrait.

Une décision que condamne Vladimir Poutine. « La délégation russe se trouve dans la ville biélorusse de Gomel et est prête à négocier avec les représentants de Kiev ; ceux-ci, faisant preuve d'incohérence, n'ont pas saisi cette opportunité jusqu'à présent », a-t-il déclaré lors d'un appel téléphonique avec le Premier ministre israélien Naftali Bennett, selon un communiqué du Kremlin.

Le pape François a demandé l'ouverture « urgente » de « couloirs humanitaires » pour les réfugiés fuyant l'invasion russe. Il a également demandé que « les armes se taisent » en Ukraine. « Dieu est avec ceux qui recherchent la paix, pas avec ceux qui recourent à la violence », a-t-il lancé à l'issue de sa traditionnelle prière en public de l'Angélus, place Saint-Pierre.

« La France ferme son espace aérien aux avions et compagnies aériennes russes à compter de ce soir. Face à l'invasion russe de l'Ukraine, l'unité de l'Europe est totale », a annoncé dans un tweet le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. L'Italie, l'Allemagne, la Finlande, le Danemark et la Belgique ont également annoncé la fermeture prochaine de leur espace aérien aux avions russes, rejoignant ainsi la liste des pays qui ont déjà pris une mesure similaire : Estonie, Pologne, Belgique, République tchèque, Bulgarie…

Le trafic aérien russe se retrouve face à une très vaste zone de non-survol en Europe, contraignant à d'énormes détours les vols vers l'ouest et les sanctions portent un coup dur à ses compagnies.

L'Ukraine a saisi la Cour internationale de justice à La Haye contre la Russie, afin que la juridiction ordonne à Moscou de cesser les hostilités, a annoncé dimanche le président ukrainien. « Nous demandons une décision urgente ordonnant à la Russie de cesser son activité militaire, et nous attendons que les audiences débutent la semaine prochaine », a écrit Volodymyr Zelensky sur Twitter.

Le patriarche orthodoxe russe Kirill a qualifié les opposants à Moscou en Ukraine de « forces du mal » qui veulent briser l'unité historique entre les deux pays. « Que Dieu nous préserve de ce que la situation politique actuelle en Ukraine, pays frère qui nous est proche, soit utilisée de manière à ce que les forces du mal l'emportent », a déclaré Kirill lors de son sermon dominical, semblant apporter son soutien à l'invasion russe.

Quelque 368.000 réfugiés ont fui les combats en Ukraine depuis l'invasion russe déclenchée jeudi. Leur nombre « continue à augmenter » indiquent les Nations unies. Selon les gardes-frontières polonais, plus de 156.000 personnes venant d'Ukraine sont entrées en Pologne depuis quatre jours. Pour la seule journée de samedi, les gardes-frontières ont précisé avoir recensé 77.300 personnes arrivées en provenance d'Ukraine.

Le géant américain Google a annoncé avoir « suspendu » la possibilité pour les médias financés par l'Etat russe de générer de l'argent sur ses différentes plateformes, en réponse à l'invasion de l'Ukraine. Cette décision fait suite à des mesures similaires prises par sa filiale YouTube et par le réseau social américain Facebook. « Nous surveillons activement les nouveaux développements et nous prendrons d'autres mesures si nécessaire », a précisé un porte-parole.

« Avec l'invasion de l'Ukraine, nous sommes entrés dans une nouvelle ère », a affirmé le chancelier allemand lors d'une séance extraordinaire du Bundestag. En Ukraine, « les gens ne défendent pas seulement leur patrie. Ils se battent pour la liberté et leur démocratie. Pour des valeurs que nous partageons avec eux », a-t-il ajouté.

Le chancelier a annoncé que l'Allemagne allait porter ses dépenses de défense pour parvenir à plus de 2 % de son PIB. C'est davantage que ce que demande l'Otan. Cette annonce intervient alors que l'armée allemande souffre depuis des années d'un sous-équipement.

Olaf Scholz s'est enfin dit ouvert à des discussions avec la Russie, tout en agitant la menace de nouvelles sanctions occidentales. « Même dans cette situation extrême, il est du devoir de la diplomatie de maintenir ouverts les canaux de discussion », a-t-il estimé.

Le Portugal va soutenir l'Ukraine en lui envoyant des équipements militaires. Le pays va notamment livrer « des gilets, des casques, des lunettes de vision nocturne, des grenades, des munitions de différents calibres » ou encore des « fusils automatiques G3 », précise le ministère de la Défense.

À l'instar du Portugal, plusieurs autres pays européens comme l'Allemagne, la France, la République Tchèque ou la Grèce ont également annoncé l'envoi de matériel militaire.

La Fédération internationale de judo (FIJ) a annoncé la « suspension » du statut de président honoraire et d'ambassadeur de Vladimir Poutine, en réaction à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Ceinture noire de judo, le chef du Kremlin est un grand amateur de la discipline sur laquelle il a co-écrit un livre.

La FIJ a également annulé un tournoi programmé du 20 au 22 mai à Kazan, en Russie. La crise a eu de nombreuses répercussions dans le monde du sport professionnel, entre compétitions déplacées, rencontres face à la Russie refusées par des sélections nationales, sportifs russes déclarés persona non grata ou sponsors remis en cause.

Le conflit en Ukraine pourrait durer « plusieurs années » en raison des « forces importantes » de la Russie, a estimé dimanche la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, selon laquelle Moscou pourrait chercher à utiliser « des armes encore pires ».

Concernant la proposition russe de pourparlers avec l'Ukraine, elle estime que Moscou doit d'abord retirer ses troupes. « Ils ne peuvent pas négocier avec un fusil sur la tempe des Ukrainiens, ils doivent retirer leurs troupes. »

L'ancien président américain a fait l'éloge de « l'intelligent » Vladimir Poutine et critiqué l'Otan, qui « a l'air tout sauf intelligente », lors de la convention annuelle des conservateurs américains, à Orlando (Floride). « Le vrai problème est que nos dirigeants soient si bêtes », a-t-il dit, en imputant l'invasion de l'Ukraine par la Russie à la « faiblesse » de son successeur Joe Biden.

Pour sa première réaction officielle, la Corée du Nord a fustigé, elle, les Etats-Unis comme « la cause profonde de la crise ukrainienne ». Washington a poursuivi une politique de « suprématie militaire au mépris de la demande légitime de la Russie pour sa sécurité », indique le ministère nord-coréen des Affaires étrangères.

En déplacement à la Réunion depuis jeudi, Jean-Luc Mélenchon a écourté d'écourter son séjour. Sur place, le candidat LFI a aussi répondu aux accusations de complaisance vis-à-vis de la Russie. « J'ai dit qu'il n'y avait pas de risque d'invasion, c'est vrai. J'ai commis une erreur. »

D'autres candidats, comme Anne Hidalgo ou Valérie Pécresse, ont fait le choix de maintenir leur programme. La première a transformé son meeting à Bordeaux en réunion de soutien à l'Ukraine, tandis qu'à Caen, Valérie Pécresse a attaqué les candidats qui ont « défendu la Russie », visant Jean-Luc Mélenchon, Eric Zemmour et Marine Le Pen.

Le Kremlin a assuré dimanche être prêt à négocier avec l'Ukraine, proposant comme lieu de rencontre Gomel, en Biélorussie, pays d'où la Russie a envahi son voisin. Une délégation de représentants des « ministères des Affaires étrangères, de la Défense et d'autres services est arrivée au Bélarus pour des négociations avec les Ukrainiens », selon le porte-parole de la présidence russe.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky se dit prêt à telles négociations avec Moscou, mais pas sur le sol biélorusse, car ce pays sert de base arrière à l'invasion de l'Ukraine. Dans une vidéo en ligne, il affirme que « n'importe quelle autre ville » conviendrait. Il accuse également l'armée russe de tirer sur des habitations.

La bataille pour le contrôle de Kiev se poursuit dimanche. Les forces russes « continuent leur offensive pour verrouiller Kiev » après avoir « terminé leur regroupement » sur le front nord, a indiqué l'armée ukrainienne samedi soir. A une trentaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, des combats ont lieu pour le contrôle de la base aérienne de Vassylkiv.

A Kharkiv, la deuxième plus grande ville du pays (1,4 million d'habitants), les autorités annoncent une « percée » jusque dans son centre de l'armée russe. Celle-ci affirme avoir encerclé deux grandes villes du sud, Kherson et Berdiansk. Depuis le début de l'offensive, elle dit avoir détruit 975 installations militaires ukrainiennes.

Un Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'UE devrait valider, ce dimanche soir, le troisième train de sanctions contre la Russie, qui prévoit l'exclusion d'un certain nombre de banques russes du système de messagerie sur les transactions financières Swift, en coordination avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada.

L'Allemagne, dernier pays de l'UE réticent à prendre cette mesure, a fini par céder sous la pression internationale et celle de son opinion. Cette sanction extrêmement lourde, qualifiée vendredi par Bruno Le Maire « d'arme nucléaire financière », va bloquer les possibilités d'échanges internationaux de la Russie et pourrait amputer son économie de 7 %, selon nos informations.




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